Les Editions du Management

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Exemple de présentation complète
d'un cabinet


Fiche extraite du Guide des Cabinets
de Conseil en Management

de Jean-Baptiste Hugot
Dixième édition : juillet 2011

BearingPoint

Tour EDF
20, place de La Défense
92050 Paris La Défense Cedex
Tél. : 01 58 86 30 00
Fax : 01 58 86 50 00
www.bearingpointconsulting.com

Création : BearingPoint 2002, Andersen Business Consulting 1992 en France
SAS au capital de 14 300 000 €

Actionnariat : 130 partners européens

Responsables : Olivier Chatin, associé, président France-Benelux
Éric Falque, associé : responsable des lignes de service
Henri Tcheng, associé : télécommunications, médias, et utilities
Hughes Verdier, associé : secteur public, défense, aéronautique et infrastructures
Thierry Bouvier, associé : fonction financière
Patrice Henry, associé, directeur commercial
Ewoud Huig, associé, directeur des opérations France-Benelux
Philippe Roubin, associé : services financiers

Effectif : 900 consultants, monde 3 500

CA : 160 M€, en Europe 600 M€

SYNTEC

Conseil en organisation et systèmes d’information
• Stratégie et développement durable
• Marketing, commercial et service client
• Supply chain, achats
• Finance, risk
• Ressources humaines
• Technologies, infrastructures et intégration
• Innovation et R&D

Notre opinion
Cette société joue de malchance. Une malchance américaine en fait (comme la dernière crise financière…). Acte I, années 90 : le Big de l’audit, Arthur Andersen, développe en interne un important pôle de conseil en organisation, sous le nom d’Arthur Andersen Management (puis Andersen Business Consulting). 2001 : l’affaire Enron éclate. Ce courtier en matières premières, accusé de fraude, fait faillite, entraînant dans son sillage celle d’Arthur Andersen, qui auditait ses comptes. La branche conseil est reprise en 2002 par une entité américaine créée à cet effet baptisée BearingPoint (qui reprend également des éléments de l’ancien KPMG Consulting situés en Allemagne, Japon, Suisse et Australie - mais pas la partie française qui est rachetée par la SSII française Syntegra). BearingPoint - un terme marin qui désigne le cap, le point fixe que l’on veut atteindre - vogue alors à vive allure pour atteindre près d’un millier de consultants en France, et 15 000 dans le monde, répartis entre quatre zones : Etats-Unis, Europe, Asie, Amérique du Sud. Acte II, patatras : la société-mère américaine, prise en étau par son endettement (dû à ces acquisitions, 2,2 milliards $) et le ralentissement de la conjoncture, fait faillite en 2009, entraînant avec elle les branches asiatiques et sud-américaines. Une nouvelle fois orpheline, la partie européenne effectue un MBO qui voit 120 partners européens reprendre leurs bureaux de France, Allemagne, Autriche, Royaume-Uni, Irlande, Scandinavie, Benelux, Suisse, Roumanie et Russie (selon un processus qu’a vécu AT Kearney en 2006, pour citer un concurrent comparable - mais chez BearingPoint le partnership est européen et non mondial). Tandis que les équipes américaines n’ont pas manqué d’intéresser les concurrents (Deloitte et PricewatershouseCoopers en l’occurrence).

« Cette opération a ressoudé entre elles les sociétés européennes » commente Olivier Chatin, l’inoxydable patron de la société française (et jadis d’Arthur Andersen Management).

Malgré tout, ces événements ont affaibli le cabinet, au moment précis où la conjoncture était au plus bas, si bien qu’il fait état d’une baisse de chiffre d’affaires de 14 % en 2009. Partiellement rattrapé en 2010 (+ 10 %). Comme bien des cabinets, l’année 2011 sera celle du retour au niveau de l’avant-crise.

Au-delà de ces péripéties qui ne lui sont pas imputables, BearingPoint France reste sur ses métiers. Il se présente comme un acteur du « business consulting », soit « tout le champ compris entre la stratégie et l’intégration de systèmes ; autrement dit tout le conseil opérationnel ». « Nous sommes le seul partnership du business consulting » proclame Chatin. Et Eurogroup ? Et Roland Berger et AT Kearney, sachant que tous les conseils en stratégie font aussi du conseil opérationnel aujourd’hui ?

Et peut-on dire que BearingPoint ne fait pas d’intégration de systèmes ? Il est totalement sur l’implémentation de ces grands progiciels d’entreprise, globaux comme SAP, ou spécifiques, dont aucune grande organisation ne peut se passer aujourd’hui. D’ailleurs la base line de BearingPoint n’est-elle pas « Management & Technology Consultants » ? « Nous sommes sur les aspects de conseil amont de l’intégration de systèmes, et sur la conception et la gestion du projet, le change management, et l’assistance à maîtrise d’ouvrage, mais pas sur la maîtrise d’œuvre, précise le président. Et nous ne faisons pas ou peu de paramétrages de systèmes ». Autre point : BearingPoint ne vend pas d’autres prestations (« ni hardware, ni software, ni d’outsourcing ou de délégation de personnel »). Cette activité d’intégration de systèmes - ou assimilé - est importante : elle représente 15 à 20 % de l’activité et ce sont 150 personnes qui se consacrent à SAP (dont BearingPoint est un des premiers partenaires en France), et Oracle, éditeurs avec lesquels la société a passé des « alliances ». Beaucoup moins que les grandes sociétés « technologiques » (Accenture, CSC, IBM Global Business Services…), mais beaucoup plus que ses autres grands concurrents (Eurogroup, Ineum/Kurt Salmon, Capgemini Consulting qui laisse cela au groupe).

Le reste de l’activité, c’est l’assistance à maîtrise d’ouvrage, 30 %, et le conseil proprement dit, entre 50 et 55 %. BearingPoint se révèle un acteur très complet du conseil, tant par son spectre de compétences que par les secteurs couverts.

La société met en avant sept grands domaines d’expertise. Le premier s’intitule « Stratégie et transformation » et occupe 100 consultants. Il porte sur la stratégie d’entreprise, la mesure et la création de valeur, les programmes de transformation d’entreprise. Il englobe aussi l’intégration post-acquisition et l’« excellence opérationnelle » avec notamment le strategic sourcing.

Le deuxième domaine est la « Fonction financière » (200 consultants). Il s’agit de tout ce qui touche à l’organisation de la fonction financière : pilotage et reporting, gestion des risques, organisation des services, gestion de trésorerie, centres de services partagés… Une compétence attendue chez un ancien compagnon de route de l’audit.

Le troisième concerne le Customer Management (100 personnes) : gestion de la relation client dans un monde digital, optimisation des parcours clients, transformation des canaux de distribution, et, bien sûr, l’assistance à la mise en œuvre des progiciels s’y rapportant : Siebel surtout, et aussi SAP CRM, PeopleSoft CRM…

Quatrième domaine, la supply chain (100 consultants) : transformation de la chaîne logistique, optimisation des stocks, transformation des achats, gestion de la production et optimisation de la distribution.

Cinquième domaine : le conseil à la fonction RH (politique RH, organisation et processus RH, pilotage des RH, formation…, soit 50 consultants).

Le sixième domaine, baptisé « Business System Integration » (BSI) regroupe les « experts techniques » intervenant sur les missions, qui sont des développeurs informatiques - quand même -, des architectes système, des membres de la Web-agency interne du groupe, soit 150 personnes.

Le septième et dernier domaine, « IT Consulting », s’adresse aux DSI : organisation et gouvernance de la fonction informatique, plans stratégiques à trois ans…, soit 80 personnes.

Les 150 consultants experts en ERP se répartissent en parts égales entre les départements Fonction Financière, Customer Management, BSI et Supply Chain.
De même une quarantaine de consultants rompus au fameux « change management » sont disséminés entre les différentes practices.

Aux sept domaines cités s’ajoutent quatre départements sectoriels : la banque-assurance (80 consultants), les télécoms-médias-utilities (70 personnes), l’industrie (60 personnes, notamment en automobile et biens de grande consommation), et enfin le secteur public (80 personnes). Le cabinet est largement absent des collectivités territoriales, hormis la Ville de Paris (les finances, la gestion de la maintenance) et quelques départements de l’Ouest et du Nord parisien. Craint-il de s’éloigner de son siège ? ! Le cabinet est chez quelques grandes entreprises publiques (la SNCF, La Poste…), et, dans le secteur privé, chez « 26 entreprises du CAC 40 ».

Qu’est-ce qui « marche » le plus en ce moment ? Pour les practices, l’efficacité opérationnelle, le Customer Management, la gestion des risques, la supply chain ; parmi les secteurs, les caisses de la Sécurité Sociale (CNAM, CNAV, CNAT…), où BearingPoint intervient sur différents aspects (organisation, gestion des compétences, SI…). Autre marché récent : les agences de la Commission européenne (notamment celle en charge du SESAR, le nouvel espace aérien européen). Le reste du secteur public est moins actif, avec la fin progressive des programmes Chorus, Copernic et Hélios et de la fusion Anpe-Assedic.

Un thème a le vent en poupe : l’inévitable développement durable. BearingPoint n’intervient pas comme les Big de l’audit sur les aspects audit, calcul de la consommation carbone… mais sur l’intégration des politiques de DD dans les organisations et les processus.

Mais tout grand cabinet - et même les moins grands - ne peut exister aujourd’hui sans une réelle dimension internationale. BearingPoint s’emploie à reconstituer un « réseau » mondial, avec trois partenaires : West Monroe Partners en Amérique du Nord, BIP en Europe du Sud et Amérique latine, ABeam en Asie. Soit un ensemble de 8000 personnes. Un réseau qui a quelle consistance ? « La même qu’un Big de l’audit : échange de savoirs, collaboration commerciale, formations communes… Il nous manque juste le nom que nous n’avons pas encore choisi » répond Olivier Chatin, bon connaisseur du monde des grandes enseignes de l’audit. Pourvu qu’ils ne connaissent pas le même sort que les anciens membres du réseau BearingPoint.

Recrutement, carrière et organisation interne
Avec la reprise, le recrutement a retrouvé son rythme de croisière : soit 250 personnes par an. Deux tiers de jeunes diplômés (jusqu’à trois ans d’expérience) et un tiers des personnes expérimentées.

La société s’organise selon les compétences et secteurs présentés plus haut.
Au plan international, les choses sont désormais simples : une société européenne basée juridiquement aux Pays-Bas détient 100 % des filiales nationales. Elle appartient à ses 130 partners (dont 36 Français). « Mais il n’y a pas de siège physique. Les fonctions de siège sont réparties entre Londres, Berlin, Francfort et Paris ».

Les missions plurinationales sont assez rares (elles représentent tout au plus 10 % des heures travaillées), comme les échanges de consultants entre bureaux.

BearingPoint a une activité de publication soutenue, autour de ses compétences-clés : le livre Les paradoxes de la relation client dans un monde digital, Et si les télécoms n’existaient pas, les livres blancs sur « les clés de réussite du manager public », sur le rôle RH du Manager, sur la fonction achats, la lettre Stratégie, dont l’un des derniers thèmes était la gestion de l’identité d’entreprise, la lettre Convergence, dont l’un des derniers thèmes était De Johannes Gutenberg à Steve Jobs - Chronique d’une mutation annoncée.
Il organise aussi de nombreux événements comme le Podium de la relation client (récompensant les entreprises ayant la meilleure relation client), l’Observatoire du Management de l’Innovation, décernant des prix à des sociétés innovantes, ou le Prix du Manager public de l’année, les Trophées du Contrôle Interne.

Une initiative sociétale intéressante : le concours annuel Be.Project, destiné à récompenser une initiative d’étudiants de grandes écoles de commerce et d’ingénieurs autour d’un projet d’intérêt général, porteur de sens. Derniers gagnants (15 000 €) : en 2011 une équipe de l’EM Lyon pour la création de centres esthétiques dédiés aux personnes sous chimio- et radiothérapie qui ont besoin de soins spécialisés, en 2010 une équipe d’étudiants de Polytechnique, pour un projet de lumière naturelle par fibre optique, et en 2009 des étudiants de l’Essec pour un projet de chirurgie micro-invasive. En 2011, ce concours est devenu européen.

« Nous souhaitons ainsi encourager les étudiants et partager avec eux les valeurs fortes de notre groupe que sont l’engagement, la culture de résultats et la capacité à travailler en équipe ». Une façon aussi de promouvoir le cabinet.


En pratique

Tarifs
De 1 300 à 3 000 € pour le conseil
De 800 à 1 200 € pour l’intégration de systèmes

Contact commercial
Patrice Henry, directeur commercial - Tél. 01 58 86 55 72
patrice.henry@bearingpointconsulting.com
+ voir supra Responsables

Recrutement
Nombre : 250 en 2011
Profil : jeunes diplômés jusqu’à trois ans d’expérience, consultant senior ou manager
Contact recrutement : france.recrutement@bearingpointconsulting.com ou stage@bearingpointconsulting.com

Autres bureaux
25 bureaux européens
Présence en Amérique du Nord, Amérique du Sud, Afrique et Asie


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